Je n’ai jamais parlé à personne de ce que je vivais. Quelques camarades de classe m’ont souri gentiment en cours de chimie, mais je ne trouvais pas encore les mots pour exprimer ce que je ressentais. Nombre d’entre nous apprennent très tôt à dissimuler leurs émotions difficiles au sein du quotidien.
Un deuil familial qui a tout bouleversé
À quatorze ans, mes parents sont décédés subitement, et ma vie a basculé profondément et durablement. Le deuil est une épreuve silencieuse, et il m’a appris bien plus que toutes les matières scolaires. Il a aussi influencé ma santé, mon énergie, mon sommeil et mon bien-être physique.
Ma médecin m’a expliqué avec douceur que le deuil, le stress et les grandes transitions de vie peuvent affecter presque tous les aspects du bien-être d’une personne. Elle m’a encouragée à rester active, même modestement, à manger équilibré et à m’appuyer sur des adultes bienveillants lorsque j’en ressentais le besoin. Elle m’a également rappelé que consulter un psychologue pourrait m’aider à mieux comprendre ce que je ressentais.
Avec le recul, je regrette de ne pas avoir pris plus au sérieux cette recommandation concernant le bien-être mental à cet âge-là. La thérapie, les services de consultation familiale et les groupes de soutien au deuil sont des outils précieux. Ils aident les jeunes à comprendre les périodes difficiles et à acquérir des compétences qui les protégeront pendant de nombreuses années.
Si vous êtes parent, tuteur ou proche aidant, sachez que soutenir un jeune en deuil est l’une des choses les plus précieuses que vous puissiez faire. Une courte consultation avec un conseiller familial qualifié peut lui apporter les mots, le réconfort et la confiance nécessaires pour l’accompagner à l’âge adulte.
De petites attentions qui m’ont discrètement soutenue.
Mes années de lycée ont été difficiles, mais je tiens à rendre hommage aux petites attentions qui m’ont permis de tenir le coup. Je me souviens notamment d’une professeure d’anglais qui déposait sur mon bureau des livres remplis de petits mots doux et encourageants, écrits à la main.
La bibliothécaire me réservait toujours une place à une table tranquille près de la fenêtre. L’agent d’entretien me souriait chaque matin et veillait à ce que l’espace près de mon casier soit propre et accueillant. Ces petites attentions pouvaient paraître anodines, mais elles étaient essentielles à mon bien-être.
Aujourd’hui, lorsque je partage mon histoire, je rappelle toujours que les petites attentions comptent. Un mot gentil, un sourire amical ou un moment d’attention sincère peuvent réconforter quelqu’un dans les moments difficiles. Nul ne sait vraiment ce que l’autre porte en silence, et une parole bienveillante ne coûte rien.
Si vous vous êtes déjà demandé si votre bienveillance avait un impact, sachez que oui. Des décennies plus tard, les personnes qui m’ont discrètement soutenue restent à jamais gravées dans mon cœur. Elles ont été un modèle de leadership, un modèle que je m’efforce aujourd’hui d’appliquer dans mon travail et mon rôle de mentor.
Un nouveau chapitre dans la construction des études supérieures et des carrières
Quand je suis partie faire mes études, j’ai décidé de prendre un nouveau départ. J’ai changé de coiffure, renouvelé ma garde-robe et je me suis autorisée à entamer une nouvelle vie. La liberté de ce nouvel environnement m’a permis de découvrir des qualités que j’ignorais.