Elle se releva.
Tomás avança pour l’achever. Benedita attendit le dernier instant, puis rassembla toute la force qui lui restait dans un coup ascendant au menton.
Tomás se figea, ses yeux se retournèrent, puis il s’effondra comme une montagne.
La foule resta muette, avant d’éclater en cris, en applaudissements et en stupeur.
La liberté gagnée
Joaquim monta dans le ring et serra Benedita dans ses bras. Elle tenait à peine debout.
Eduarda revint avec une bourse de cuir. Elle remit les 100 contos à Joaquim. Celui-ci les compta, puis donna immédiatement la moitié à Benedita.
C’était sa part, comme promis.
Le lendemain, Joaquim devait signer sa lettre d’affranchissement au cartório. Benedita allait devenir libre.
Elle lui demanda pourquoi il avait fait cela.
Joaquim répondit simplement qu’elle méritait une chance, et que lui aussi avait eu besoin d’elle. Ils s’étaient sauvés l’un l’autre.
Ce qu’elle fit de sa liberté
Trois mois plus tard, Benedita quitta Vassouras avec 50 contos, des vêtements neufs et une lettre d’affranchissement signée. Joaquim paya sa dette et rénova sa quinta.
Ils ne se revirent jamais.
Trente ans plus tard, lorsque Joaquim mourut de vieillesse, paisiblement dans son lit, on trouva une lettre sur sa table de chevet. Elle venait de Benedita.
Elle avait ouvert une école à Salvador. Elle y enseignait aux filles à se battre, à lire et à survivre.
La lettre disait simplement :
« Merci de m’avoir vue quand plus personne ne me voyait. Vous m’avez donné plus que la liberté : vous m’avez rendue à moi-même. »