Claire baissa la voix jusqu’à ce qu’elle devienne presque une berceuse.
—Hé, dis-moi ton nom.
Le micro capta un crépitement.
Comme une vieille échelle.
Puis, le nom sortit comme un fil.
—Emily.
—Emily, tu es libre maintenant ?
Sa respiration s’accéléra.
—Non… il est à la maison.
On pouvait voir une image d’enfants, un téléphone et un message : « Enclos à serpents dangereux Danger Enclos à serpents Danger MAMAN ».
Claire ressentit une sourde sensation d’adrénaline.
Son écran était déjà ouvert.
Sa main avait déjà quitté le clavier.
Mais je devais ancrer Emily à quelque chose de simple.
Un endroit.
Une action.
—Emily, je veux que tu m’écoutes attentivement, d’accord ?
—Oui…
—Où es-tu en ce moment ?
Sur une marche.
Autre.
Comme si quelqu’un marchait lentement, intentionnellement.
Emily retint son souffle.
—Papa a dit… de ne pas te parler.
La peur ne ressemblait pas à une taupinière.
Elle ressemblait plutôt à une trahison.
Comme un rôle répété tant de fois qu’il faisait déjà partie d’elle.
Claire regarda l’adresse que le système complétait.