Malgré la mobilisation et les efforts répétés, les écrans de monitoring restent désespérément plats. Une tension palpable envahit l’espace.
Au bout de plusieurs tentatives infructueuses, le médecin est contraint de prononcer la phrase que personne ne souhaite entendre dans ce service.
Renée ne présente plus aucun signe vital.
Pendant ce temps, dans l’incubateur voisin, Lucie continue de se battre pour respirer, chaque souffle étant une victoire.
Une boule se forme dans la gorge de Karine. Elle a déjà vécu des moments de grande tristesse, mais chaque histoire résonne de manière unique.
Cette situation touche une corde particulièrement sensible en elle : Karine est elle-même née jumelle, et a perdu sa sœur peu après leur venue au monde.
Un dernier hommage, empreint de douceur
Lorsque la mère, encore sous le choc, exprime le souhait de voir ses deux filles, Karine prend une décision.
Elle sait à quel point il est important pour des parents de pouvoir faire leurs adieux à leur enfant.
Avec une infinie délicatesse, elle prend Renée dans ses bras et la dépose tendrement dans l’incubateur, tout contre sa sœur Lucie.
Elle murmule quelques mots apaisants.
Lucie esquisse alors un léger mouvement.
Sa menotte se déplace avec lenteur… jusqu’à effleurer celle de sa sœur.
Le contact est à peine perceptible.
Mais à cet instant précis, un son inespéré retentit.
Un signal surprenant apparaît à l’écran
Le moniteur cardiaque émet un premier bip.
Puis un deuxième.
Karine fixe l’écran, incrédule.
Une activité cardiaque, aussi ténue soit-elle, est bel et bien détectée.
Elle appelle immédiatement le médecin en chef.
L’équipe médicale accourt autour de l’incubateur. Après vérification, les signes vitaux sont confirmés.