Du jeu à la terreur : la sextorsion à l’échelle industrielle
Au début, il flatte, rassure, se montre « compréhensif ». Puis les demandes montent d’un cran. Certaines filles le surnomment « Master » et s’excusent de « ne pas avoir fait mieux » pour lui. Lorsqu’une enfant de 10 ans lui avoue son âge, il répond : « Je m’en fiche, tu es hot. » Quand l’une résiste, il promet de publier les vidéos sur TikTok, Facebook, des sites porno, le dark web, « partout où il pourra ». À une autre, il dit même qu’il « espère que ses parents verront » les photos.
Dans au moins une vidéo, il ordonne à une fillette de se serrer la gorge pour qu’elle « sache qui commande ». Quand la police du Derbyshire perquisitionne enfin, elle découvre plus de 2 700 images et vidéos, dont au moins 1 831 provenant directement des victimes identifiées, et des centaines d’images suggestives d’enfants de catégories A, B et C. L’illusion des snaps éphémères vole en éclats : avec un deuxième appareil, rien ne disparaît jamais.
Un dossier hors norme… et un avertissement pour tous les parents
Devant la Derby Crown Court, le juge Shaun Smith KC lâche : « En 46 ans dans cette profession, je n’ai jamais rencontré une affaire avec autant d’infractions et autant de victimes. » Au total, Siah Riley plaide coupable de 164 infractions en ligne, dont plus de 110 chefs d’incitation à une activité sexuelle et 22 de chantage. Il est condamné à 25 ans de réclusion, 6 ans de licence prolongée, inscrit à vie sur le registre des délinquants sexuels et frappé d’un SHPO à vie. Une mère lit, la voix brisée : « Ma famille ne te pardonnera jamais, parce qu’à chaque fois que je vois les cicatrices sur les bras de ma fille, je te hais un peu plus. »
La police du Derbyshire parle d’un des cas les plus prolifiques d’abus sexuels en ligne sur enfants qu’elle ait jamais vus. Mais cette histoire ne concerne pas que l’Angleterre. Les mêmes applis, les mêmes mécanismes de grooming en ligne et de sextorsion existent en France. Ce soir, certains enquêteurs conseilleraient à n’importe quel parent de poser, calmement, quelques questions très simples :
- Avec qui tu discutes en privé sur Snapchat, Instagram ou ailleurs ?
- Est-ce que tu connais vraiment ces personnes dans la vraie vie ?
- Est-ce que quelqu’un t’a déjà demandé des photos ou vidéos que tu n’oses pas montrer ?
- Est-ce que tu sais que ce que tu envoies peut être enregistré, même si l’appli dit le contraire ?
Parce que l’affaire Riley le rappelle avec brutalité : parfois, un écran de smartphone suffit à faire entrer chez soi le pire cauchemar de tous les parents.
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