Un an après m’avoir volé mon mari, mon ancienne meilleure amie m’a envoyé une invitation à sa fête prénatale. « Viens fêter notre petit miracle », a-t-elle écrit, accompagnée d’un smiley. « Désolée que tu n’aies pas pu lui donner un fils. » Je suis restée figée dans ma cuisine, les yeux rivés sur l’enveloppe ouverte du laboratoire d’analyses ADN posée à côté, sur le comptoir. Les résultats confirmaient sans équivoque la stérilité de mon ex-mari depuis sa naissance. Mon regard s’est alors porté sur le test de paternité positif de son petit frère, et un petit rire m’a échappé. « J’y serai », ai-je murmuré dans la pièce vide. Elle n’a absolument aucune idée du cadeau que je lui réserve. Et quand elle l’ouvrira devant tout le monde… son petit conte de fées s’écroulera.
L’invitation arriva dans une enveloppe couleur crème, imprégnée de parfum et de malice. Mon ancienne meilleure amie avait inscrit mon nom en évidence, de la même élégante écriture cursive qu’elle utilisait jadis pour ses cartes d’anniversaire, ses mots d’excuses, et même la liste des invités à mon mariage.
La pluie grésillait doucement contre les vitres de la cuisine tandis que je contemplais les lettres dorées.
Venez célébrer notre petit miracle.