Le premier bruit fut un coup frappé à la porte, fort et impatient, comme un poing essayant de la défoncer.
Je me suis réveillée en sursaut, prise de cette panique particulière qui vous saisit lorsqu’on est brusquement arraché à un sommeil profond, quand le cerveau n’a pas encore rattrapé le corps. La pièce était plongée dans une pénombre grise, de cette lumière matinale qui donne à tout un sentiment d’inachevé. J’avais laissé les stores entrouverts la veille, juste assez pour laisser filtrer un mince rayon de soleil. Mon téléphone brillait sur la table de chevet. 8 h 02, dimanche.
Le dimanche était censé être mon moment de détente. Ma matinée rien qu’à moi. Après des semaines de nuits blanches, de réveils aux aurores, la tête pleine d’échéances et de tableaux Excel, je m’étais effondrée dans mon lit la veille avec un rare sentiment de soulagement. Pour une fois, j’avais dormi sans grincer des dents.
On frappa de nouveau, plus fort. Pas gentiment. Pas timidement. Qui que ce soit, on attendait une réponse.